Deux pourcentages pour la même quantité d’eau
La base sèche rapporte la masse d’eau à la masse du bois sans eau. La base brute rapporte cette même eau à la masse totale du bois humide. ONF Énergie Bois présente ces deux définitions et leurs conversions. La différence ne vient donc pas forcément d’un instrument imprécis : les deux calculs peuvent être exacts et produire des nombres différents.
Exemple fictif choisi pour le calcul : un échantillon comprend 800 g de matière sèche et 200 g d’eau, soit 1 000 g au total. Sur base sèche, le taux vaut 200 / 800 × 100 = 25 %. Sur base brute, il vaut 200 / 1 000 × 100 = 20 %. Ce n’est pas un résultat de pesée réalisé par notre rédaction ; c’est une illustration arithmétique.
Écrivez toujours la base à côté de la valeur. « 20 % » seul laisse une ambiguïté. Dans un tableau de suivi, réservez une colonne à la lecture originale et une autre à la valeur convertie. Cela permet de retrouver le calcul et d’éviter une double conversion lors d’un échange avec un fournisseur.
| Lecture sur base sèche | Calcul vers base brute | Résultat arrondi |
|---|---|---|
| 15 % | 100 × 15 / 115 | 13,0 % |
| 20 % | 100 × 20 / 120 | 16,7 % |
| 25 % | 100 × 25 / 125 | 20,0 % |
| 30 % | 100 × 30 / 130 | 23,1 % |
| 40 % | 100 × 40 / 140 | 28,6 % |
Choisir un appareil dont on comprend les réglages
Avant d’acheter, consultez la notice et identifiez ce que mesure l’appareil. Certains instruments visent le bois de construction, d’autres proposent des modes ou corrections. Demandez la base d’affichage, les essences ou groupes d’essences couverts, les conditions de température, la plage annoncée et la façon de vérifier son fonctionnement. Un grand écran ne remplace pas ces informations.
Comparez également l’accès aux consommables et la protection des pointes. Un appareil utilisé dans un abri à bois peut subir des chocs ou de l’humidité. Choisissez selon les conditions d’usage prévues par le fabricant et conservez la notice avec les relevés. Si un réglage change, notez-le ; sinon deux dates du journal peuvent ne plus être directement comparables.
Le guide SOLUSEC rappelle que les humidimètres à pointes donnent généralement une valeur sur base sèche, à convertir pour une lecture sur base brute dans le bois bûche. Le mot « généralement » compte : il faut vérifier votre modèle, pas appliquer automatiquement cette hypothèse à tous les appareils.
Le point de mesure fait partie du résultat
Une extrémité exposée à l’air ne représente pas forcément le cœur d’une bûche. ONF Énergie Bois explique cette différence et l’intérêt de mesures à plusieurs endroits, notamment sur une face intérieure accessible. La préparation d’une bûche doit être faite avec un moyen adapté et selon les règles de sécurité de l’équipement ; le présent guide ne décrit pas une méthode de fendage.
Une fois une surface appropriée disponible, suivez les indications de l’instrument pour la position et le contact des pointes. N’inventez pas une profondeur ou une orientation universelle : elles doivent correspondre au mode de mesure prévu. Identifiez l’endroit observé dans le journal, avec une photo si elle apporte une information utile.
Une mesure isolée renseigne d’abord la zone où elle a été faite. Pour discuter d’un lot, il faut un échantillonnage représentatif et une méthode cohérente. Si l’enjeu est contractuel ou si les résultats sont contestés, demandez au professionnel compétent quel protocole et quelle méthode de référence employer. Un relevé domestique ne devient pas un certificat de tout le stock.
Échantillonner sans choisir uniquement les meilleures bûches
Découpez le stock en lots qui ont un sens : livraison, essence lorsque connue, date de préparation, emplacement ou conditions de stockage. Ne mélangez pas dans une même moyenne des bûches récemment arrivées et d’autres conservées depuis longtemps. Les différences peuvent être plus intéressantes que le chiffre moyen.
Pour un suivi personnel, sélectionnez des pièces dans plusieurs zones accessibles et notez le mode de sélection. Évitez de ne prendre que les bûches légères en façade ou, au contraire, seulement celles qui paraissent humides. Cette démarche ne remplace pas un protocole normalisé ; elle rend votre observation plus honnête et plus utile.
Exemple de lecture fictive : cinq valeurs sur la même base sont 18, 19, 20, 21 et 32 %. La moyenne est 22 %, mais elle masque une pièce à 32 %. Il faut rechercher si celle-ci correspond à une zone ou à un lot particulier, plutôt que déclarer tout le stock homogène. Conservez donc minimum, maximum et valeurs individuelles lorsque le nombre de mesures reste raisonnable.
Relier le suivi au stockage et à l’usage
L’ADEME souligne qu’un bois humide dégrade l’efficacité de la combustion et recommande un combustible sec, stocké à l’abri et dans de bonnes conditions d’aération. Les repères d’usage doivent être lus avec la base de mesure, le combustible et la notice de l’appareil de chauffage. Une bûche adaptée n’efface pas les besoins d’entretien et de bon fonctionnement de l’installation.
Le suivi sert surtout à organiser les lots : lesquels sont destinés à poursuivre leur séchage, lesquels sont à réévaluer et lesquels répondent aux conditions documentées pour l’usage prévu. Il ne permet pas de promettre une date exacte de séchage à partir d’une seule mesure. La taille des bûches, l’exposition, l’aération et les conditions météo font partie du contexte.
Gardez une séparation physique ou un marquage simple des lots. Si un nouveau bois est ajouté au milieu d’un ancien stock, le journal perd sa lisibilité. Une petite étiquette de lot et un emplacement repéré valent souvent mieux qu’un relevé très détaillé impossible à rattacher aux bûches.
Quand le chiffre paraît incohérent
Commencez par vérifier la base, le mode de l’appareil, les conditions indiquées par sa notice et le point mesuré. Reprenez ensuite l’identification du lot. Une différence peut venir d’un mauvais rapprochement entre mesures avant de provenir d’un défaut du bois ou de l’instrument. Ne corrigez pas une valeur à la main simplement parce qu’elle paraît trop élevée.
Lors d’un échange avec le fournisseur, transmettez les lectures originales, la référence de l’appareil, les réglages, les dates et les photos utiles. Demandez la base et la méthode de sa propre valeur. La discussion peut alors porter sur des éléments comparables. Si elle reste incertaine, une mesure de référence organisée par un professionnel vaut mieux qu’une confrontation de pourcentages.
Un humidimètre devient ainsi un outil de suivi, pas un verdict automatique. Sa valeur vient de la méthode qui l’entoure : base connue, appareil identifié, lots séparés et observations reproductibles. C’est cette discipline simple qui rend les chiffres utilisables au moment de choisir, stocker ou discuter un approvisionnement.
À garder sous la main
Questions fréquentes
25 % sur base sèche signifie-t-il 25 % sur base brute ?
Non. Avec la formule de conversion, 25 % sur base sèche correspond à 20 % sur base brute.
Une mesure à l’extrémité suffit-elle ?
Elle décrit cette zone, qui peut être plus sèche que l’intérieur. Suivez la notice et une méthode représentative du besoin de mesure.
Puis-je prouver la qualité d’une livraison avec une seule bûche ?
Non. Une pièce ne représente pas nécessairement le lot. Pour un contrôle contractuel, faites définir un protocole d’échantillonnage et de mesure approprié.
Ressources et solutions
- Fiche de travailJournal d’humidité des bûchesCSV TXT
- Outils pratiquesVoir les 8 outils
- Bois, broussailles & déchets vertsTous les guides de la rubrique « Bois, broussailles & déchets verts »



